3 Avr 2025 | Actualités

Football, du jeu à l’espoir

Quand le football devient bien plus qu’un sport. A Bouaké, le ballon rond n’est pas un simple jeu. Plus que n’importe où, il est l’espoir.

Mohamed Bamba y a grandi, au cœur de la seconde ville la plus peuplée de la Côte d’Ivoire. Dans ces rues, sur la place Yaoundé, il a frappé ses premiers ballons, marqué ses premiers buts. Epaulé par les « grands frères » du village, il fait ses débuts au Bouaké FC où ses ambitions prennent vie.

Là-bas, chez lui, les conditions d’entrainement sont difficiles. Non reconnu par la fédération ivoirienne, le club manque grandement de financement et de matériel pour faire progresser ses garçons. Une quarantaine de jeunes joueurs se partagent un ballon abimé. Deux ou trois entraineurs, jamais plus, encadrent les exercices.

Cette vie-là, Mohamed Bamba l’a traversée. Dans une région du monde durement touchée par la pauvreté et meurtrie par une guerre civile sanglante (de 2002 à 2010), devenir footballeur professionnel relève du rêve : « Les grand frères me disaient toujours : Pour réussir dans le football, il faut avoir des parents riches » explique l’attaquant des Merlus. Ses parents, séparés, ne l’étaient pourtant pas. Lui, a été élevé par sa grand-mère : « J’y ai toujours cru. Même sans argent, on peut réussir. Avec du travail, du talent et surtout beaucoup de courage » détaille Mohamed qui n’hésite pas, aujourd’hui, à envoyer de l’argent à son club pour aider, après lui, d’autres jeunes du village.

Mohamed Bamba a couru, comme des milliers d’autres « frères », après ce rêve de devenir footballeur professionnel. Lui, « un des meilleurs jeunes du quartier », a trouvé l’issue. Une issue du côté d’Israël. Trois années, pourtant loin de ressembler à un long fleuve tranquille, mais où Mo’ disait toujours que tout allait bien. Réussir pour sa famille était une nécessité, ne pas les inquiéter aussi. C’est ensuite l’Europe, « le rêve ultime », qui s’est ouvert à lui. L’Autriche puis la France il y a un an où il a pu retrouver sa maman, elle partie de Côte d’Ivoire sept années plus tôt pour travailler à Paris. Ces années perdues, Mohamed Bamba les rattrape aujourd’hui.

Sa famille, Mo’ en a besoin plus que personne pour être heureux et performer sur le terrain. En fin de saison, une fois de plus, le buteur se rendra au pays. Loin des destinations exotiques et du bling-bling, il se ressourcera auprès « de la grande famille Bamba ». Chez lui, l’attaquant est devenu un exemple. Les petits l’admirent, lui demandent des conseils. Lui, leur dit de garder espoir et de ne rien lâcher.

Baisser les bras n’est effectivement pas dans la nature de Mohamed Bamba. Sa force mentale, sa plus grande force, lui permet de surmonter les difficultés, celles de la vie. Lui, « l’éléphant », a encore un tas de rêves en tête. La sélection en était un, elle lui a ouvert ses portes il y a moins d’un an. Y retourner est maintenant un objectif. Mais Mohamed Bamba en a conscience « je suis encore jeune et je dois travailler pour progresser ». La patience, le courage et l’espoir feront le reste.

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